Loin du foyer : Illumination de Luminalia

Traduction: odysseus1992
Relecture: Hotaru
Intégration: odysseus1992

DÉBUT DE TRANSMISSION :

Joyeux Luminalia à toutes et à tous.

Bienvenue dans un Loin du foyer festif. Ici l’vieux Jegger et j’espère que vous m’entendez cinq sur cinq. Commençons par allumer la lampe de Luminalia. Et… voilà. Luminalia a officiellement commencé, c’qui signifie que je n’arrêterai pas cette transmission tant que cette lampe n’aura pas consommé toute son huile. Vous vous demandez combien de temps cela va prendre ? J’en sais foutre rien. Votre réponse sera la mienne.

J’ai eu c’truc il y a longtemps dans un magasin garé dans la flottille de Yulin. J’suis content d’y être allé parce que j’ai jamais revu ce vaisseau et j’en ai fait des trajets vers la flotille. Bien sûr, l’marchand ne savait pas grand-chose d’la lampe, à part le fait qu’elle fonctionne pas avec les capsules d’huile dernier cri prévues pour durer deux jours ou, combien c’tait déjà… 34 000 battements j’crois. Eh bien, cette lampe est plus ancienne, p’têt’ même usinée à la main. J’peux pas vraiment dire et aucun Banu à qui je demande ne semble le savoir. D’toute façon, j’dois remplir ce truc avec d’la vraie huile, donc le timing n’est pas aussi prévisible. Le brûleur est dimensionné pour contenir suffisamment de combustible pour deux jours, mais la qualité d’l’huile est également un facteur. Croyez-moi, j’en ai acheté des trucs minables qui brûlent en un jour à peine. Il n’en restait même pas assez pour faire une recharge et laissez-moi vous dire que les épurateurs d’atmo n’étaient pas très contents d’la fumée que c’truc dégageait. C’est pourquoi j’achète ces produits que dans l’espace Banu, où il y a des soulis entiers qui se consacrent à faire les choses correctement. Au fil des ans, j’ai appris à apprécier le fait de pas savoir exactement combien de temps c’truc restera allumé. Il y a quelque chose d’agréable à n’pas avoir d’horaire fixe et à laisser les choses se faire à leur propre rythme. J’ai constaté que c’tait vrai autant pour Luminalia que pour la vie.

J’suis heureux que vous vous joigniez à moi pour les festivités, mais je ne vous promets pas de rester éveillé ou sobre pendant toute la durée de la fête. En parlant de ça… laissez-moi vous présenter le Soles, ma boisson des fêtes pour c’t’année. J’ai acheté une bouteille de leur mezcal premium lors d’une récente balade sur Cassel. J’n’en avais jamais bu avant, mais vous m’l’avez beaucoup recommandé. J’ai pensé que quelque chose avec plus de mordant serait mieux après la débâcle de l’année dernière avec cette bouteille d’Atlas Nouveau. J’espère que j’me comporterai mieux cette fois-ci. J’ai même coupé quelques oza frais pour en sucer entre deux gorgées.

Sur ce, laissez-moi ouvrir ce Soles et porter un toast. À tous ceux qui, comme moi, passent ce jour férié… seuls à la dérive. Et n’oubliez jamais, nous ne sommes qu’un seul et même souli. Santé !

Oohhh, j’l’aime bien. Une saveur percutante, un arrière-goût agréable. Et il y a cette chaleur qui me parcourt de la tête aux pieds. Attendez, donnez-moi une seconde, j’vais placer cette bouteille un peu plus loin. Je ne veux pas que mon verre se remplisse trop facilement. C’est c’qui m’a valu des ennuis l’année dernière et m’a incité à sortir la guitare.  Encore une fois, je m’excuse auprès de tous ceux qui avaient participé à ce bœuf improvisé. C’n’était pas mon heure de gloire, mais bon sang, qui en a déjà eu une après avoir vidé une bouteille de vodka tout seul ?

Merci à tous ceux qui m’ont envoyé des questions. J’en ai un tas ici que j’vais traiter pendant que nous faisons la fête. Commençons par une question de Mara, qui demande :  “comment pouvez-vous autant aimer Luminalia alors que vous êtes clairement une créature solitaire ?”

Le paradoxe ici est clair comme de l’eau de roche, hein ? S’il y a quelque chose sur moi que vous savez tous, c’est qu’mon activité préférée est de dériver dans le noir, seul à bord du Shana. C’est pas que j’n’aime pas les autres. J’suppose qu’être seul ne me dérange pas autant qu’les autres. J’peux pas expliquer pourquoi, j’suis juste comme ça. Pourtant, j’veux toujours avoir besoin de me connecter avec les gens, en fait. Que ce soit en personne lors d’une livraison ou avec vous tous en faisant cette émission ici. Bien qu’j’aime ma solitude, on n’peut pas dériver seul toute sa vie. Luminalia me rappelle ça chaque année.

À l’époque où les gens m’appelaient simplement Jegger, j’aimais Luminalia pour différentes raisons. J’pilotais Eimi à l’époque, un vieil Aurora CL déglingué dans lequel j’ai investi trop de temps et trop de crédits. Mais il était à moi, alors j’l’ai rendu plus rapide et plus silencieuse que ce que les gens pouvaient croire. Et elle m’a permis de me sortir du pétrin, enfin, la plupart du temps.

Quand j’avais Eimi, j’n’étais pas doué pour la recherche d’itinéraires ou la lecture de rapports criminels récents, quel que soit le système par lequel je passais. Je me débrouillais particulièrement mal pendant Luminalia. Parce qu’au lieu d’faire la fête, j’me sortais les doigts et j’voyais combien de livraisons urgentes et bien payées j’pouvais boucler avant qu’le ‘verse ne retourne à la normale.

Lors d’un d’ces “sprints des fêtes”, comme j’les appelais, j’ai découvert que je n’étais pas l’seul à profiter de toutes ces livraisons supplémentaires. J’ai été arraché du voyage quantique en route vers une station spatiale de Magnus. J’ai tout de suite su qu’j’étais dans la merde. Le radar d’Eimi était inondé de vaisseaux fonçant vers notre direction. Il pouvait voler et se cacher, mais il pouvait pas affronter une flotte de gens mal intentionnés à lui seul.

J’ai tout d’suite redémarré le moteur quantique, mais l’un d’entre eux s’est suffisamment rapproché pour bloquer le signal. J’aurais dû appeler à l’aide sur-le-champ, ou tenter de négocier la remise de la cargaison. Mais au lieu d’ça, j’ai paniqué et j’ai demandé à Eimi de les distancer. J’sais pas pourquoi j’ai pensé que c’était le bon choix à ce moment-là, mais c’est c’que j’ai fait. À chaque fois que j’évitais une attaque, une autre m’atteignait. Il n’a pas fallu longtemps pour que les boucliers d’Eimi soient presque entièrement détruits. J’savais que je ne tiendrais pas longtemps, alors j’étais désespéré et j’ai fait la chose la plus stupide possible : j’ai fait pivoter Eimi et j’ai attaqué.

J’me disais que j’n’avais pas à tous les combattre, juste le bâtard avec le dispositif d’interdiction quantique. J’avais remarqué qu’un vaisseau ne m’attaquait jamais mais volait comme un fou pour rester à proximité. J’ai pensé que c’était celui qui bloquait mon moteur quantique, alors j’lai ciblé et j’ai lâché tout ce que je pouvais. J’me souviens avoir vu son bouclier étinceler et vaciller, mais je n’avais aucune idée de l’état dans lequel j’l’avais laissé. J’ai éloigné Eimi et j’ai envoyé le plus de puissance possible vers ses moteurs.

J’ai fait prendre un peu d’distance à Eimi et j’ai redémarré le moteur quantique. Je n’étais jamais aussi soulagé de l’entendre ronronner. J’ai verrouillé la destination la plus proche et j’espérais qu’il puisse se calibrer avant que nous soyons réduits en miettes. Honnêtement, j’sais pas comment Eimi a fait, mais nous sommes sortis du voyage quantique avec pratiquement tous les capteurs d’alerte possibles qui m’criaient dessus. Eimi a boité jusqu’au pad d’atterrissage d’une station spatiale voisine et a gémi quelqu’chose de violent quand je l’ai posée. Même si c’était pas l’endroit où j’devais faire ma livraison, aucun d’nous deux n’était en état de continuer. J’suis donc descendu d’Eimi, j’suis entré et je m’suis dirigé vers l’premier bar.

Ce n’est que lorsque j’ai franchi la porte que j’me suis souvenu que c’était encore Luminalia. L’endroit était bondé d’gens ivres qui trébuchaient sur eux-mêmes pour m’accueillir en personne et me fourrer des boissons dans ma main. J’ai failli faire demi-tour et repartir tout de suite. Les grands groupes, c’est pas vraiment mon truc, et être coincé avec un groupe jusqu’à la fin des fêtes n’était pas c’que j’avais en tête. Mais j’n’avais pas non plus l’intention de retourner à bord d’Eimi et d’affronter ce qui m’attendait dehors. À contre-cœur, j’suis resté. Il n’a pas fallu longtemps avant que j’sois bien amoché et que j’me réjouisse de la façon dont je me suis retrouvé là. C’est alors qu’le propriétaire d’l’endroit a commencé une collecte pour payer les réparations d’Eimi. J’leur ai dit que j’étais très reconnaissant, mais que je ne pouvais pas accepter un tel cadeau. C’est moi qui m’étais mis dans la merde et c’est moi qui m’en sortirais. Je n’ai jamais oublié la réponse de l’hôte : “Pas aujourd’hui. Aujourd’hui, nous formons tous un seul souli et nous veillons les uns sur les autres.” Pour répondre à ta question, Mara, j’aime Luminalia parce qu’il fait ressortir le meilleur des gens et nous rappelle à tous que nous sommes connectés. C’est quèque chose qu’il ne faut jamais oublier, surtout quand on voyage seul.

Oh, si quelqu’un s’demande, comme cadeau d’adhésion au groupe, j’ai dû leur raconter une blague. Merde, c’était quoi déjà ? Je m’en souvenais, avant. P’têt qu’un peu plus de ce mezcal le fera revenir. Mais c’que j’oublierai jamais d’ce jour-là, c’est d’avoir appris que nous ne formons tous qu’un seul souli. Connectés d’une façon que nous n’comprendrons jamais. Toujours en train d’affecter le monde qui nous entoure et tous ceux qui sont pris dans notre sillage.

Regardez-moi. En train d’radoter une longue histoire et de belles paroles, et j’ai à peine touché mon verre jusqu’à présent. Laissez-moi juste… euh. Cette bouteille fuit ou quoi ?

Bref, que diriez-vous d’une p’tite surprise ? En tant qu’votre animateur, j’vous ai déjà fait cadeau d’une histoire un peu embarrassante. Maintenant, que diriez-vous d’une chanson ? J’vous jure que j’me suis entraîné. J’ai même appris quelques chants de Luminalia.

Laissez-moi juste prendre ma guitare.

[ accord dissonant ]

J’aurais p’têt dû l’accorder d’abord…

[ la guitare se désaccorde de plus en plus ]

Donnez-moi juste une p’tite sec—

TRANSMISSION TERMINÉE

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