Cosmos – Les chroniques de l’Albatros : chapitre 9

Publié par odysseus1992

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Après avoir discuté avec son passager clandestin, le capitaine Mac Mahan décide de partir à la rencontre de ses mystérieux alliés. Mais celle-ci ne sera pas de tout repos, pour l’Albatros comme pour son équipage.

Bonne lecture !

  • La rédaction

Chapitre 9: Révélation

L’hydrogène liquide fut cette fois-ci happé violemment de son réservoir par les deux turbopompes, et se mit à circuler à vive allure dans les conduites du réacteur RBR pour atteindre en une fraction de seconde la chambre poreuse en rotation. Il fut entraîné à une vitesse folle autour du réacteur nucléaire par effet centrifuge et fut chauffé jusqu’à une température de 3500 Kelvin.

L’effet fut quasiment instantané et l’hydrogène liquide se changea en gaz brûlant avant de se faire éjecter par la tuyère du réacteur qui le comprima en un faisceau rectiligne, propulsant la masse du Constellation avec une force de 200 kN (Kilo Newton) pour une masse de 120 tonnes.

Les quatre réacteurs RBR commencèrent à cracher leur énergie à 100% de leur capacité, faisant subir à l’ensemble du vaisseau une contrainte maximale. L’Albatros se mit à vibrer à un point que les membres d’équipage se crispèrent dans leur siège et s’attendaient à être éjectés dans l’atmosphère au milieu d’une pluie de débris. Certains hurlaient de peur et d’autres perdirent connaissance. Des conduites rompirent dans la salle des machines, lâchant un flot ininterrompu de vapeur d’eau dans toute la soute. L’équipage encaissa près de 11 Gz (G positifs) pendant 15 secondes.

La structure du Constellation se mit à grincer comme si une main géante était en train de resserrer son étreinte sur le vaisseau pour le broyer. L’Albatros était à l’agonie mais ses tampons compensèrent et soulagèrent la coque de la décélération infernale imposée par le pilote.

Jack était comme fixé à son siège, il avait l’impression de peser 1 tonne. Les vibrations et le vacarme ahurissant semblaient ne former plus qu’un et il n’arrivait plus à lire les instruments. Tourner la tête lui semblait être un effort insurmontable. Il essayait de rester attentif mais tout son être lui criait de se réfugier au fond de lui-même, de s’isoler. Plusieurs alarmes sonores retentirent dans le cockpit et il ne savait plus de quoi elles étaient sensées l’avertir, il s’en moquait. Son cerveau se focalisa sur sa main posée sur la commande des boucliers. Il attendait l’ordre de Mac Mahan pour l’actionner.

La pression se fit plus intense et sa vision périphérique disparut…

⠀⠀— Je vais m’évanouir !

L’avait-il dit ou pensé, il ne le savait pas, il fut pris de panique. Au milieu du hurlement des alarmes et du bruit assourdissant des réacteurs, il se rendit compte qu’il était en train de crier.

30 secondes après l’allumage des 4 réacteurs principaux de l’Albatros, la paroi latérale de la structure tribord du Constellation qui comportait une brèche s’affaissa de 10 cm à hauteur du joint d’étanchéité du sas latéral.

Cela eut pour conséquence directe une grave déformation de la structure de ce dernier. Les vitres explosèrent et le sas se mit à sortir de son logement laissant un espace de 30 cm entre la coque et celui-ci.

L’air restant de la soute fut aspiré à l’extérieur. Les systèmes automatiques du Constellation scellèrent le compartiment afin de l’isoler du reste du vaisseau.

La voix féminine et métallique de l’ordinateur de bord fut à peine audible dans le vaisseau.

⠀⠀— Intégrité de la coque menacée, dépressurisation du compartiment B, structure gravement endommagée.

Mac Mahan ne quittait pas des yeux la trajectoire de l’Eclipse en surbrillance sur l’écran du cockpit. Celle-ci semblait s’incurver fortement pour disparaître subitement derrière une masse nuageuse.

Tout n’était que bruits et vibrations sur le pont du vaisseau, il pouvait sentir la poussée des réacteurs jusque dans sa colonne vertébrale. Garder un œil sur l’écran et les instruments lui demandait un effort important mais sa formation de pilote lui permettait d’encaisser les G.

Il vit très rapidement que l’Eclipse avait fortement ralenti et qu’il semblait aborder une approche finale, comme s’il s’apprêtait à atterrir. Sauf qu’il n’y avait rien au bout de sa route.

Il fallait prendre une décision et ne prendre aucun risque.

Ses réflexes lui intimèrent de faire comme l’Eclipse et d’infléchir sa courbe pour une approche en vue d’un atterrissage. Les réacteurs étaient à pleine puissance depuis 55 secondes lorsqu’il donna ses ordres.

⠀⠀— Jack, remets les boucliers à 40%, je réduis la poussée à 60%.

Ce dernier criait et ses mots sortaient difficilement de sa gorge…

⠀⠀— …bou…cliers……re…remis.

Le capitaine de l’Albatros fit opérer un 180° au Constellation, le remettant ainsi face à l’objectif supposé. Il regarda le calcul de sa trajectoire et fut satisfait de sa vitesse d’approche. Il pouvait infléchir sa courbe et passer derrières les nuages mortels.

Les consoles affichaient toutes sortes d’alertes mais les commandes principales répondaient suffisamment pour les mener jusqu’à la piste d’atterrissage.

⠀⠀— À tout l’équipage, vérifiez vos signes vitaux et accrochez-vous, atterrissage imminent !

Le claquement des communications internes du vaisseau se fit de nouveau entendre.

⠀⠀— Chht… ici Conrad, de mon côté tout va bien mais la soute ne va pas tarder à se disloquer, capitaine. Chht…

⠀⠀— Chht… Мы находимся в дерьме… Chht… (My nahodimsja v derʹme : On est dans la merde)

⠀⠀— Chht… ici Rick, tourelle inférieure ras. Chht…

Jack repris la communication.

⠀⠀— Chht…Vlad, tu arrêtes de suite ton baratin russe où je te fais passer par le sas ! Allez tout le monde, ramenez vos culs immédiatement aux escape pods et sur la passerelle, si vous restez à vos postes et que le vaisseau s’écrase, vous n’aurez aucune chance d’en sortir vivant en cas de pépin.

⠀⠀— Chht…Vlad…Chht…

⠀⠀— Chht…Conrad…Chht…

⠀⠀— Chht…Rick…Chht…

Ubatan Kibar était assis sur un des sièges escamotables situés à proximité des transmissions. Il inclina la tête lorsque Jack se retourna vers lui et signifia qu’il allait bien.

L’Albatros déboucha de derrière le nuage sombre dans un faisceau lumineux et fit face à la base avancée de l’UEE Perséides II. Spectacle irréel et magnifique dans cette atmosphère glacée de ce petit point argenté au panache de fumée noire faisant face à la mégastructure s’apprêtant à l’engloutir tel un monstre des abysses.

Cette base était tout simplement impressionnante. Elle était capable de tenir un siège de vaisseaux capitaux.

Ses défenses étaient démesurées; tourelles énergétiques APOCK taille 10, lance-torpilles multiples BERSEKER taille 10, railguns ADAWAY taille 10, bref il y avait tous les calibres !

Ce véritable hérisson disposait de 25 baies d’envol et de 6 ponts d’arrimage pour vaisseaux capitaux et l’un d’eux était occupé par un Javelin.

L’intercom du Constellation de Mac Mahan s’activa.

⠀⠀— Albatros ici Sierra 3 vous êtes autorisés à atterrir d’urgence baie n°1. Les services d’urgence au sol sont prêts, à vous…

⠀⠀— Sierra 3 ici L’Albatros, bien compris. Pouvez-vous nous assister, les systèmes de guidage d’approche sont HS.

⠀⠀— Ici Sierra 3, je vous guide pendant la manœuvre. Veuillez rectifier votre vecteur d’approche de 5° bâbord et ajustez votre assiette de +10°.

⠀⠀— Ici l’Albatros, mes systèmes de propulsions secondaire sont quasiment tous HS, je ne peux pas faire beaucoup mieux. Donnez-moi seulement les infos sur ma vitesse, la distance et mon assiette.

⠀⠀— De Sierra 3 reçu.

La piste se rapprochait à une vitesse anormalement élevée et Mac Mahan voyait difficilement au travers du cockpit brûlé et ce n’était pas les hologrammes de l’ordinateur de bord qui pouvaient l’aider, ceux-ci clignotaient comme des stroboscopes et il avait demandé à les éteindre.

À cela s’ajoutait la fumée qui envahissait peu à peu la passerelle, odeurs âcre et irritante caractéristiques des circuits électroniques grillés et piles à combustible HS.

Jack activa l’intercom de bord.

⠀⠀— À tout l’équipage tenez-vous prêts, impact imminent.

La sentinelle suivait l’Albatros avec son scanner longue portée et retransmettait les images au PC de la station.

Le Général Tam THACKSTON, commandant la base avancée, observait l’approche du vaisseau en perdition avec une inquiétude que ses hommes ne l’avaient jamais vu prendre.

⠀⠀— Accroches-toi vieux frère, lâcha-t-il.

⠀⠀— Pardon mon général, vous dites ?

Le commandant TUSK, chef des forces de défenses de la base le toisait d’un air surpris.

⠀⠀— Hmm, désolé mais le pilote du Constellation est un frère d’arme. C’est Matthew Mac Mahan. Il était sous mes ordre à FORA lors de l’attaque sur les Vanduuls.

⠀⠀— Je vois… Alors il va s’en tirer, il a vu pire mon général.

⠀⠀— Oui, que Messer vous entende ! Que l’on demande à l’équipe d’intervention d’urgence de sortir les filets.

⠀⠀— Bien mon général.

Mac Mahan était crispé sur les commandes et Jack faisait tout son possible pour l’aider dans les manœuvres. Jean-Bat essayait désespérément de remettre les systèmes automatiques de guidage en marche. Ubatan KIBAR était en position de l’œuf sur son siège et les autres membres de l’équipage s’étaient mis dans les escape pods du quartier d’équipage.

Le capitaine de l’Albatros corrigeait au mieux l’assiette du vaisseau mais celui-ci se présentait de biais dans un angle de 10°. À la vitesse où ils allaient, s’il ne faisait pas quelque chose ils s’écraseraient.

Il décida alors de faire une manœuvre qu’il avait déjà tenté quelques années auparavant aux commandes de son Gladiator. Il inclina le Constellation en lui faisant prendre une assiette de 25° et il sortit les trains d’atterrissage. La piste commençait à venir à la rencontre de l’Albatros à une vitesse affolante.

Puis il aboya ses ordres.

⠀⠀— Jack, COUPE LES MOTEURS !

Puis il fit basculer l’Albatros violemment sur la gauche au moment où les patins du train d’atterrissage du Constellation touchèrent brutalement le pont de la baie n°1.

Le choc fut extrêmement puissant et les vérins du train d’atterrissage droit se brisèrent net. Le réacteur tribord inférieur droit s’arracha de son support sous l’impact et explosa en une boule de feu énorme. 2 secondes après l’impact du train arrière, le nez de l’appareil vint à son tour taper le tarmac, faisant perdre immédiatement connaissance l’ensemble de l’équipage.

L’Albatros commença à tourner sur lui-même en raclant la piste lorsqu’il atteignit les premiers filets de sécurité, qui ralentirent sa course.

Des gerbes d’étincelles jaillissaient dans le sillage de l’appareil en perdition. Les restes du réacteur tribord qui avaient explosé continuaient leur folle course derrière le Constellation, boules incandescentes incontrôlables prêtes à tout incendier.

Le vaisseau, après avoir traversé la baie n°1, vint finalement terminer sa course dans les derniers filets de protections, sa coque brisée en son centre et des départs d’incendies dans sa soute. Deux vaisseaux Apollo vinrent se poser à proximité du vaisseau écrasé tandis que quatre vaisseaux de lutte contre les incendies en atmosphère Harbinger commencèrent à circonscrire les incendies. Deux escouades d’intervention aux premiers secours entrèrent dans l’Albatros afin de secourir l’équipage qui ne donnait plus signe de vie…

À SUIVRE. . .

publication le 7 mai 2019
relecture par odysseus1992

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